L’eau est devenue un sujet crucial à l’heure du changement climatique. Elle concerne tout le monde : les habitants pour l’eau potable, les agriculteurs pour l’irrigation, les industries pour leur activité de production, les pêcheurs pour leurs loisirs, les élus qui doivent penser l’eau d’aujourd’hui et de demain pour planifier le développement du territoire… Mais l’eau est aussi essentielle à l’expression de la biodiversité. Le SAGE répond à tous ces enjeux.

Le Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de l’Arc est un outil opérationnel et réglementaire essentiel pour assurer une gestion durable de la ressource en eau à l’échelle du bassin versant. Institué par la loi sur l’eau de 1992, il vise à concilier les différents usages de l’eau – rivières, eaux pluviales, eau potable, eaux usées – avec la protection des milieux aquatiques et les spécificités du territoire.
Ce document stratégique, qui intègre les rivières dans l’aménagement du territoire, traite des enjeux liés à la qualité de l’eau, à la gestion des inondations, à la préservation de la biodiversité, à la ressource en eau, au paysage et au cadre de vie. Il fournit aux acteurs du bassin de l'Arc des orientations adaptées pour relever les défis locaux, en garantissant une gestion équilibrée.
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La philosophie du nouveau Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de l’Arc a été élaborée en concertation avec les acteurs locaux dès 2021, permettant d’identifier quatre grands défis.
Cette révision achévée en 2026, la deuxième depuis sa création, visait à doter le territoire d’un SAGE plus adapté aux enjeux actuels. Face aux impacts tangibles du changement climatique – inondations, sécheresses, îlots de chaleur, perte de biodiversité – la gestion des eaux du bassin de l’Arc doit évoluer. Ce contexte a servi de fil conducteur pour définir ces défis, que nous avons enrichis grâce à vos contributions lors des consultations publiques menées par Menelik.


Le SAGE est un outil clé de planification locale, instauré par la loi sur l’eau de 1992. Il régule les usages de l’eau (rivières, eaux pluviales, eau potable, eaux usées) tout en protégeant les milieux aquatiques et les spécificités du territoire.
Révisé en 2014, puis en 2026, le nouveau SAGE de l’Arc a pour objectif de mieux répondre aux enjeux du changement climatique. Il est porté par Menelik avec l’appui de l’ensemble des acteurs privés et publics impliqués dans la gestion de l’eau sur le territoire, et notamment l’État, l’Agence de l’eau et la Métropole Aix-Marseille-Provence et l’Agglomération Provence Verte. Tous délibèrent au sein de la Comission locale de l'eau (CLE)
La Commission locale de l’eau (CLE) est un organe de concertation chargé de l’élaboration, du suivi et de la révision du SAGE. Sa composition est arrêtée par le Préfet et se compose de trois collèges de représentants :
La dernière composition de la CLE du SAGE de l’Arc est fixée par l’arrêté préfectoral du 9 juillet 2024.
Le premier SAGE du bassin de l’Arc, approuvé en 2001 devient durant 10 ans l’outil de référence utilisé au quotidien par le SABA (Syndicat d'aménagement du bassin de l'Arc) à l’époque, et au service de l’ensemble des maîtres d’ouvrages, aménageurs et gestionnaires engagés dans la démarche.
Il fait peau neuve en 2014, puis en 2026, révisé et nouvellement adapté au changements climatiques, à la gestion du risque et à la préservation de l’environnement, des enjeux en évolution permanente.

Le bassin versant de l’Arc couvre l’ensemble du territoire traversé par l’Arc et tous ses affluents. La population totale du bassin est de l’ordre de 290 000 habitants pour une superficie de 715 km² répartis sur 33 communes des Bouches-du-Rhône et du Var.
Un bassin versant est une région géographique où toutes les eaux de pluie et les cours d’eau s’écoulent vers un point commun, comme un lac, une rivière ou un océan. Le bassin versant est délimité par les crêtes des montagnes ou les collines qui entourent la zone et qui déterminent la direction de l’écoulement des eaux. Ainsi, toutes les eaux qui tombent dans cette région s’écoulent vers un point bas, en suivant le relief, avant de se déverser dans le cours d’eau commun.
La philosophie du nouveau Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) de l’Arc a été élaborée en concertation avec les acteurs locaux tout au long de l’année 2021-2022, permettant d’identifier quatre grands défis.
La rivière (trame bleue), sa végétation (trame verte) et les sols (trame brune) constituent un vrai triptyque gagnant pour la nature mais aussi pour l’Homme ! Ils offrent de la fraicheur, ils captent les gaz à effet de serre, ils génèrent de la biodiversité.
Laisser « respirer » les cours d’eau en les préservant des pressions urbaines (ou pressions humaines) est un des objectifs du SAGE. Pourquoi ? Parce que redonner de la place à l’Arc et ses affluents rend de nombreux services : réduction/ralentissement des inondations, plus de biodiversité… Laisser respirer le cours d’eau, c’est finalement viser une colocation réussie entre la rivière et les Hommes qui la fréquentent, y exercent une activité agricole ou vivent à ses côtés en tant que riverains.
La ripisylve, cette forêt riveraine des cours d’eau constitue une « infrastructure naturelle » précieuse que le SAGE souhaite préserver, valoriser et reconnaître en la préservant dans les documents d’urbanisme. En somme, il s’agit d’offrir du répit à cette ripisylve pour qu’elle exerce pleinement ses fonctions naturelles (filtration/rétention des pollutions, réservoir de biodiversité…) et pour ne plus la voir comme un jardin à entretenir. De la broussaille plutôt que Versailles, elle manque peut-être d’attractivité pour l’Homme mais elle fourmille de vie… en ville et à la campagne.
Pour le SAGE, les sols ne sont pas qu’un support de cultures. Ils opèrent une vraie « magie » et contribuent à atténuer les effets du changement climatique (séquestration du carbone, réduction des inondations pluviales par infiltration, alimentation des nappes…). Sources d’approvisionnement pour l’alimentation des populations, ils constituent également un support de biodiversité nécessaire à la réalisation de leurs fonctions.
En moins de 10 ans, le territoire a perdu 300 hectares de surfaces naturelle et agricole. Routes, autoroutes, habitations, zones d’activités, zones commerciales, parkings ont en effet grignoté des espaces jusque-là épargnés en périphérie des zones urbaines. Les paysages mais aussi la biodiversité en sont fortement impactés. L’agriculture de proximité, qui permet de nourrir localement ses populations, se voit également contrainte par cette consommation foncière. Les surfaces agricoles alors réduites doivent être optimisées, conduisant souvent à la suppression de réservoirs de biodiversité dans les champs (haies, bosquets, arbres isolés, murets …) qui peuvent pourtant couper le vent, ralentir les écoulements ou encore filtrer l’eau…
Le SAGE vise ainsi la sobriété foncière en cherchant à moins, ou mieux, consommer les espaces.
Préserver et valoriser le rôle des espaces agricoles est un des objectifs du SAGE pour redonner aux sols toutes leurs fonctions productives mais aussi régulatrices face au changement climatique : stockage du carbone, atténuation des ruissellements par infiltration, source de biodiversité…
Déconsommer les espaces, c’est aussi les optimiser et envisager la cohabitation des activités humaines avec le fonctionnement des milieux naturels, afin de rendre finalement le foncier multifonctionnel.
Ce défi passe également par la préservation de nos forêts pour les rendre plus vivantes. Malmenées par l’urbanisation et la fréquentation humaine mais aussi par le changement climatique (pertes de certaines essences, incendies), nos forêts dépérissent et disparaissent. Elles perdent notamment leur rôle de ralentissement des ruissellements.
Le SAGE encourage la désimperméabilisation des sols en enlevant béton et bitume de nos cours d’écoles, de nos parkings… L’objectif est de ne plus asphyxier ni stériliser les sols pour leur permettre de mieux infiltrer les eaux de pluies et de les rendre plus vivants. Le SAGE préconise également la désartificialisation du territoire c’est-à-dire limiter autant que possible la consommation foncière voire rendre à la nature des espaces qui, par le passé, ont été urbanisés.
Beaucoup de nos villes et villages sont traversés par l’Arc ou ses affluents qui offrent un véritable havre de paix et de fraicheur à ceux qui s’y promènent, y flânent, y courent… L’Arc en périphérie des villes est de plus en plus plébiscité : le besoin de proximité avec la nature et le souhait de fuir les villes « en surchauffe » avec le changement climatique accélèrent cette tendance.
Faire revenir la nature en ville en valorisant l’eau de pluie, c’est aussi limiter le risque d’inondation par ruissellement et éviter la pollution de cette eau. En effet, les sols imperméabilisés ne permettent plus d’infiltrer les eaux de pluie qui lessivent les routes et les parkings, se chargent de pollutions… avant de rejoindre les canalisations qui les conduiront finalement dans l’Arc et ses affluents.
Reconnecter le cours d’eau à la ville est donc l’un des objectifs du SAGE. Il s’agit de valoriser les cours d’eau, de les rendre visibles et accessibles depuis la ville à travers une véritable trame verte et bleue, tout en veillant à les protéger pour que fréquentation ne rime pas avec dégradation. Par une fréquentation responsable, c’est à vous de jouer pour que l’Arc ne soit pas victime de son succès !
La nature en ville passe également par une réflexion sur l’architecture urbaine qui intègre l’eau et la végétation. Depuis des décennies, le territoire s’urbanise, s’imperméabilise et laisse peu de place au végétal. L’objectif du SAGE est de repenser les aménagements et constructions urbaines en revalorisant par exemple les « chemins de l’eau » à différentes échelles… En particulier, l’eau de pluie qu’on évacue encore trop souvent dans des tuyaux vite saturés ou qui ruisselle sur nos surfaces imperméabilisées ne doit plus être considérée comme un déchet, mais comme une richesse. Une ressource en eau naturelle à valoriser !
Le SAGE entend donc agir pour rendre la ville plus perméable, pour que la goutte d’eau qui tombe sur le sol s’infiltre ou soit valorisée au plus près de l’endroit où elle est tombée.
La stratégie du SAGE vise à agir pour les rivières et à remettre l’eau au cœur du territoire pour s’adapter localement au changement climatique.
Sa mise en œuvre repose sur des valeurs fortes de solidarité, de connaissances, de changement de pratiques, et de respect des milieux naturels.
Le SAGE vise à nous rendre solidaires pour préserver la ressource en eau. L’eau que l’on boit ici, que l’on utilise pour irriguer, ne vient pas, ou très peu, de chez nous. Elle arrive principalement de la Durance et du Verdon via les canaux. Mais cette eau extérieure n’est pas intarissable comme l’ont montré les sécheresses de ces dernières années. La solidarité de ceux qui reçoivent avec ceux qui donnent est donc de mise : territoires alpins et méditerranéens doivent ainsi s’allier pour partager durablement la ressource en eau et l’économiser pour qu’elle ne devienne pas une source de conflit !
Changer nos pratiques pour agir en citoyens de l’eau est aussi un des objectifs du SAGE. Il s’agit par exemple d’économiser l’eau, de mieux respecter les cours d’eau, d’apprendre à les fréquenter sans les dénaturer, de former et sensibiliser les jeunes générations, de modifier les pratiques agricoles (réduction des pollutions, travail du sol adapté), de diminuer les rejets dans les cours d’eau…
Le SAGE encourage ainsi à prendre soin de la rivière et de sa biodiversité. Car on l’oublie souvent, les cours d’eau et leur végétation fournissent de nombreux leviers d’adaptation au changement climatique lorsqu’ils sont en bon état (atténuation des effets des inondations, de la sécheresse, réduction de la pollution…). C’est sur ces solutions naturelles que le SAGE souhaite se fonder en recherchant et valorisant les performances écologiques des milieux aquatiques.
Enfin ce cercle vertueux Homme / Rivière ne saurait se réaliser sans le rôle de l’établissement public Menelik, opérateur du SAGE qui prend soin de vos rivières, aux côtés des autres acteurs privés/publics impliqués dans l’avenir de la gestion de l’eau sur le territoire.
Les documents d’un SAGE comprennent le Plan d'aménagement et de gestion durable (PAGD), qui définit les objectifs de gestion de l'eau, les actions à mettre en œuvre, ainsi que les priorités pour la protection et la gestion des milieux aquatiques. Le Règlement, quant à lui, précise les prescriptions et obligations à respecter pour chaque type d’usage de l’eau. Enfin, l’Atlas, présente des cartes détaillant les zones sensibles, les enjeux liés à l’eau et les priorités géographiques.
